Publié par : Steve Simard | 8 janvier 2011

Rencontre – La communication, du signe à Facebook

La communication humaine s’est profondément transformée au cours des derniers siècles, en particulier sous les effets de la démocratisation de l’écriture et de l’évolution des technologies. De l’arrivée des médias de masse jusqu’à Internet, courriel et réseaux sociaux, dans quelles mesures ces changements ont-ils, pour le meilleur et pour le pire, transformés nos sociétés ?

Pour répondre à cette question, nous poserons d’abord quelques bases anthropologiques et théoriques de la communication humaine, pour ensuite cheminer vers sa condition sociale contemporaine.

La rencontre aura lieu lundi le 17 janvier à 19h, à la bibliothèque Gabrielle-Roy, salle Gérard-Martin, 2e étage.

 

Voici quelques suggestions de lectures complémentaires :

CASTELLS, Manuel. La société en réseaux : l’ère de l’information

McLUHAN, Marshall. The global village: transformation in world life and media in the 21st century


Réponses

  1. Martin Forget m’a fait parvenir une pièce de théâtre qu’il a écrite, qui traite en partie des communications et jouée récemment. Je vous la recopie ici pour les intéressés-es. Bonne lecture !

    Titre : Un mal nécessaire
    Une courte scène de Martin Forget

    Personnages :
    L’artiste
    Le libertin
    Un IPhone

    La scène se déroule dans une chambre, à la brunante. Au milieu de la pièce se trouvent une chaise et un vieux secrétaire antique. Plusieurs feuilles chiffonnées sont éparpillées sur le secrétaire et le plancher. Un jeune artiste médite profondément, en faisant les cent pas autour du meuble antique, éclairé d’une faible chandelle.

    L’artiste (à lui-même)
    Je réfléchis trop… mais je n’écris pas assez ! J’ai déjà trop perdu de temps à penser ! C’est l’heure d’accoucher du plus grand chef-d’œuvre de tous les temps ! Un livre qui va me rendre célèbre, qui va permettre enfin aux gens de se mettre quelque chose d’intelligent dans la tête ! Mais je dois me calmer un peu ; avant la gloire, il faut être capable de travailler dans l’ombre, sans personne pour nous applaudir. Je dois faire le vide en moi, respirer tout doucement (il ferme les yeux et prend une grande respiration). Voilà. Je suis tout seul, tout seul comme un dieu, prêt à passer à l’action ! Je ne peux plus attendre et toujours remettre à demain la seule chose qui me tient en vie. Je suis né pour écrire, pour réveiller tous ceux qui dorment en suivant le troupeau ! Mais il faut que j’arrête de parler ! C’est l’heure d’écrire ! Plus aucune distraction, plus aucune excuse n’est permise. Cette nuit, l’inspiration va être au rendez-vous…Au travail ! (Se rassoit devait son secrétaire et se met à écrire. On cogne soudainement à la porte) BORDEL ! Pas une autre distraction ! Ça n’arrêtera jamais ! On pourrait tuer pour moins que ça ! QUI EST LÀ ?

    (Le libertin entre, deux bouteilles de vin à la main)

    Le libertin
    C’est moi, le remède à ta folie ! Comment vas-tu, vieux garçon ?

    L’artiste (contemplant les feuilles devant lui)
    Je pourrais aller mieux. Tout pourrait aller mieux.

    Le libertin
    Ha ! Toujours aussi tragique à ce que je peux voir ! Content de voir que tu occupes toujours aussi bien tes soirées !

    L’artiste
    Et toi, d’où arrives-tu comme ça ?

    Le libertin
    D’une jolie partie de plaisirs avec une fille du quartier. Crois-moi, il n’y a rien de mieux pour débuter la soirée !

    L’artiste
    C’est qui la fille ?

    Le libertin
    Bah…Une parmi tant d’autres. Rien de plus, rien de moins !

    L’artiste
    Je vois que t’es toujours le même. Un Casanova condamné à entretenir son affreuse réputation.

    Le libertin
    Si tu le dis ! À chacun son enfer. Moi, c’est les femmes. Toi, c’est ton livre ! Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens toujours spirituel après un ébat amoureux. Et comme c’est presque impossible d’avoir une conversation intéressante avec une femme, je me suis dit : hé, pourquoi pas aller visiter mon cher ami, toujours enfermé dans sa chambre ? (Lui tend une bouteille) Tiens, je t’ai apporté cette petite bouteille de réconfort ; fais-moi confiance ; après ça, le philosophe dort aussi bien que l’imbécile !

    L’artiste (prend la bouteille à contrecœur)
    Dormir… Je ne peux plus dormir. Je n’ai plus aucun temps à perdre.

    Le libertin
    Alors, comment avance-t-il ton livre ? (Jette un coup d’œil aux feuilles éparpillées. Moment de silence.) C’est tout ? Est-ce qu’il y a d’autre chose que des pages barbouillées et raturées ?

    L’artiste (d’une voix basse et frustrée)
    Pour l’instant, c’est tout.

    Le libertin (moqueur)
    Bravo ! J’ignorais à quel point tu avais progressé ! Après des centaines et des centaines d’heures de travail, je ne m’attendais à rien de moins de ta part haha !

    L’artiste (emporté)
    C’est ça, vas-y ; ris de moi comme tout le monde ! Continue de te détruire à petit feu, continue de gaspiller ton énergie à boire et à débaucher tout le temps ! Reste avec ton harem de femmes, et n’essaie surtout pas de réaliser que toutes tes folies sont pitoyables et n’ont aucun sens !

    Le libertin
    Oh les gros mots !

    L’artiste
    Oui, mon livre avance lentement ; et puis ? Au moins j’ai le mérite de vouloir écrire quelque chose de profond et d’y penser jour et nuit, contrairement à toi, qui passe le plus clair de son temps à faire l’abruti !

    Le Libertin
    Le mérite de vouloir écrire quelque chose de profond ? Holà ! N’oublie pas que, pour l’instant, c’est juste ta bonne intention qui te sépare de moi ! Et rappelle toi aussi que l’Enfer est pavé de bonnes intentions ; alors, arrête de penser à qui tu vas être un jour, prends ta plume, et deviens qui tu veux être !

    L’artiste
    Alors laisse-moi écrire en paix. (Se remet à écrire. Silence)

    Le libertin
    D’accord, excuse-moi pour mes sarcasmes et faisons la paix ! Et puis, de toute façon, tu ne peux pas t’offrir le luxe de perdre le seul ami qu’il te reste, après tous ces mois d’ermitage dans ta chambre !

    L’artiste (soupire)
    Puisqu’il le faut…

    Le libertin
    Magnifique ! Buvons un coup à notre amitié, une amitié aussi belle qu’improbable ! (Ils boivent) Mais dis-moi, juste par curiosité, c’est quoi le sujet de ton livre ?

    L’artiste
    Ah, c’est compliqué…

    Le libertin
    Et tu veux changer le monde avec quelque chose de compliqué ? Commence par faire avaler une seule idée à l’humanité ; t’auras déjà réussi un exploit ! Ton livre doit être simple, sinon les gens ne comprendront rien !

    L’artiste
    Je sais, t’as raison. En fait, mon plus grand défi c’est d’exprimer dans un langage simple toute la…toute l’horreur de notre époque, qui est en déchéance.

    Le libertin
    En déchéance ?

    L’artiste (inspiré)
    Oui, en complète déchéance ! Je veux d’écrire l’histoire symbolique d’un homme qui, après avoir vécu dans ce monde de fous, essaie de le reconstruire avec des nouveaux enseignements, des nouvelles valeurs…
    Le libertin
    Mon pauvre ! Il n’y a rien d’original dans ton histoire, si on peut appeler ça une histoire ! La Bible existe déjà ! Tu t’acharnes à réécrire la Bible ? Tu veux nous faire la morale, c’est bien ça ?

    L’artiste
    Pas du tout ! La Bible a fait son temps. Notre époque n’a plus rien à voir avec le Temps des vieux prophètes. Et je ne ferai la morale à personne !

    Le libertin
    Peu importe. Mais fais tout de même attention : quand on manque d’inspiration, on revient toujours à la religion !

    L’artiste
    Inquiète-toi pas ; le 21e siècle est tellement rempli d’horreurs que je ne pourrai jamais manquer d’inspiration !

    Le libertin
    Mais pourquoi notre siècle te dégoûte autant ? Qu’est qu’il t’a fait ? Est-ce qu’il t’a maltraité ? Est-ce qu’il a déjà abusé de toi ?

    L’artiste
    C’est moi qui me suis désabusé de lui.

    Le Libertin
    Et pourquoi ? Chaque jour je vis dans le 21e siècle et, franchement, je n’y vois absolument rien de révoltant, de désespérant ! Regarde ! (Il se précipite à la fenêtre et regarde à l’extérieur) Qu’est-ce que tu vois dans les rues, sinon des gens qui accomplissent leurs tâches quotidiennes, des enfants qui rient et qui s’amusent, des couples d’amoureux s’embrasser et quelques vieillards s’éterniser sur les bancs ? C’est ça la réalité ! Aucune trace de déchéance, comme tu le dis ! Là où tu penses voir l’apocalypse, je vois juste un peu de conformisme ; là où tu vois de la décadence, je vois seulement des gens qui essaient de se divertir ! Désolé de te sortir de tes rêveries, mais le monde tel que je le vois est beaucoup moins effrayant que tes images d’horreur ! Mais, au fait, tu m’as toujours pas dit c’était quoi tes fameuses images d’horreur ? Peut-être ne sais-tu même pas toi-même ce qui te fait peur ; ça expliquerait beaucoup de choses, comme tes centaines de feuilles chiffonnées sur le plancher !

    L’artiste
    J’avais oublié à quel point un insouciant comme toi pouvait être insipide dans ses discours. Avec les années, t’as complètement désappris à réfléchir.

    Le libertin
    Et toi, t’as toujours pas répondu à ma question. Qu’est-ce qui te dégoûte tant du 21e siècle ?

    (On entend retentir la sonnerie de message texte d’un IPhone. Le libertin sort l’appareil de sa poche)

    L’artiste (emporté)
    AH AH ! LA VOILÀ MA RÉPONSE !

    Le libertin
    Quoi ? Tu parles de cette petite merveille ? C’est ça qui te répugne ?

    L’artiste
    T’ose appeler ça une merveille ? Cette chose-là est un condensé de pas mal tout ce que je méprise de notre époque !

    Le libertin
    Là, il va falloir que tu t’expliques un peu plus, monsieur l’artiste !

    L’artiste
    C’est pourtant simple ! Les gens sont tellement rendus dépendants d’Internet, de leur cellulaire, des réseaux sociaux et de tous leurs damnés messages textes qu’on est littéralement en train d’oublier comment vivre dans le monde réel ! Tu rentres dans un café et tu vois des dizaines et des dizaines de têtes plongées dans leur écran d’ordinateur, à regarder des vidéos ridicules, à raconter leurs états d’âme sur Facebook, à afficher les photos de leur dernier voyage et à attendre comme une bande de désespérés de recevoir un nouveau message de n’importe qui ! On n’est même plus capable de vivre juste pour nous-mêmes, de faire quoi que ce soit sans avoir besoin de le partager tout de suite sur Internet ! C’est quoi le problème ? Vivre est devenu un mal nécessaire, c’est ça ? À quoi bon visiter l’Europe ou escalader le mont Everest si je ne prends pas de photos et que je ne le raconte pas à mes amis virtuels ?? Et, parlant d’amis virtuels, penses-tu vraiment qu’on est moins seuls grâce aux réseaux sociaux ? La belle illusion ! T’as beau avoir 500 amis sur Facebook, mais combien d’entre eux peux-tu vraiment appeler si une belle nuit t’es en détresse, si t’as le goût de te tirer par la fenêtre ? Pire que ça : regarde les gens qui ne sont plus capables de tenir en place quand ça fait quelques heures qu’ils ont envoyé un email et qu’ils n’ont pas reçu de réponse ! C’est la catastrophe ! On n’est même plus capable de tolérer l’attente ; ça nous prend une réponse à tout, et tout de suite ! Essaie de faire comprendre à un jeune de 15 ans aujourd’hui qu’il y a moins de cent ans, il fallait s’écrire des lettres à la main pour communiquer, et qu’on n’avait pas de réponse de l’autre personne avant des semaines, et c’était normal ! Des plans pour qu’il fasse une crise d’épilepsie ! (Il pointe le IPhone du libertin) Tu dis que c’est une merveille ? C’est plutôt ce qui fait en sorte qu’on est rendu dépendant au monde virtuel, et qu’on se fout carrément du monde réel ! T’es satisfait ? Juste parler de ça me dégoûte au plus haut point ! (Silence. Le libertin, le sourire aux lèvres, baisse ses yeux sur le Iphone pour voir qui lui a envoyé un message) AH ! Voilà ! Tu viens de me prouver que t’es pareil comme tous les autres ! Continue de baisser les yeux pendant que je te parle ! Après tout, c’est bien plus intéressant de regarder ses messages que de parler à quelqu’un en face !

    Le libertin
    Arrête ta petite crise de jalousie deux secondes, j’ai besoin d ton aide.

    L’artiste
    Moi, jaloux ? Jaloux de quoi ? Du fait que t’as un Iphone et qu’il y a un être humain qui vient de t’écrire ?

    Le libertin
    Oh mais pas n’importe quel être humain ! Un petit ange de 20 ans que j’espère bientôt corrompre ! Mais la partie ne va pas être facile ; elle a peur de moi à cause de ma réputation ! Elle vient de m’écrire qu’elle n’était pas du genre à se laisser séduire facilement par un salopard, la coquine ! La pente va être difficile à remonter !

    L’artiste (à lui-même)
    Pathétique ! J’endure maintenant quelqu’un qui me parle de ses aventures virtuelles…et mon livre dans tout ça ?

    Le libertin
    À ton avis, qu’est-ce que je devrais lui répondre ?

    L’artiste
    Ne lui réponds pas. Je te l’ai dit : le monde n’est plus capable de supporter l’attente. Pour une fille de 20 ans, une heure c’est l’équivalent de l’éternité ; ça va la rendre complètement folle de voir que tu ne lui réponds pas.

    Le libertin
    C’est vrai… l’indifférence, c’est un bel aphrodisiaque ! Ça va me donner du mystère… Je comprends maintenant pourquoi Dieu ne nous répond jamais !

    L’artiste
    Dans moins d’une journée la pauvre fille va te supplier de venir la voir.

    Le libertin
    Bon ! Tu m’as convaincu ! J’y vais pour l’ignorance ! Merci pour le conseil ; on voit que t’es un vrai pro du désespoir ! Si tu perdais moins de temps à essayer d’écrire un livre que personne ne va vouloir lire, tu pourrais être une bête de séduction !

    L’artiste
    Le monde ne lit plus parce qu’il n’y a plus rien de bon à lire. Crois-moi, le monde va reprendre le goût à réfléchir quand ils auront mon livre !

    Le libertin
    Ton livre, ton livre, il est encore loin d’exister ! Et tu ne sais même pas vraiment quoi écrire dans ton livre ! T’es inspiré quand vient le temps de critiquer notre époque mais, au fond, tu n’as rien à proposer de mieux !

    L’artiste
    Laisse-moi juste un peu de temps encore, et tout va devenir clair dans mon esprit.

    Le libertin
    Si tu le dis. (Il baisse les yeux sur son Iphone et lit attentivement quelque chose) Oh oh ! Je pense que je viens de voir quelque chose qui pourrait t’intéresser…Si tu veux bien m’écouter !

    L’artiste
    Quoi encore ?

    Le libertin
    Sur Facebook, je suis ami avec une reporter à la télévision. Elle est en ligne présentement.

    L’artiste
    Pourquoi tu la connais ?

    Le libertin
    Tu me connais mal pour me poser cette question-là ! Peu importe ; je viens juste de lire qu’elle recherche des participants pour son futur reportage…

    L’artiste
    Un reportage sur quoi ?

    Le libertin
    Elle veut faire un portait de notre génération. À ce qu’il paraît, nous sommes des Y. J’imagine qu’elle veut savoir quelles sont nos ambitions, nos valeurs, nos opinions. Elle cherche des personnes de tout genre, des étudiants, des artistes, des petits idéalistes comme toi, tu vois le genre ? Ça pourrait être une belle occasion pour toi de cracher ton mépris pour notre époque et de dire tout ce qui te passe par la tête !

    L’artiste
    Je sais pas…

    Le libertin
    Allez, réfléchis un peu ! Qu’est-ce qui est préférable : avoir la chance tout de suite d’exprimer ta vision du monde au grand public, ou attendre la sortie d’un livre que tu n’as pas encore vraiment commencé à écrire, et qui peut-être ne sera jamais publié ?

    L’artiste
    Tu sais bien qu’on ne peut jamais vraiment dire ce qu’on pense dans ces reportages-là ; ils supportent juste les anticonformistes qui rentrent dans un moule !

    Le libertin
    Ne sous-estime pas mon amie ; c’est une femme très très ouverte…oh que oui ! Je lui écris à l’instant ! (Il se met à écrire sur son Iphone)

    L’artiste
    Quoi ? Non, ne fais pas ça !

    Le libertin
    Trop tard.

    L’artiste
    Qu’est-ce que tu lui as écrit ?

    Le libertin
    Que je connais un jeune artiste qui veut changer le monde, qui a des opinions explosives sur notre époque, et qui paraîtrait bien à la télévision !

    L’artiste (Veut saisir le Iphone)
    Et qu’est-ce qu’elle a répondu ?

    Le libertin
    Rien encore, je viens juste de lui envoyer le message ! Calme-toi un peu !

    L’artiste
    D’accord, j’attends. (L’artiste se met à faire les cent pas)

    Le libertin (à lui-même)
    Regardez-le, un vrai petit enfant du siècle ! (Il regarde son Iphone) Ah voilà sa réponse !

    L’artiste
    Et puis ?

    Le libertin
    Je pense que tu vas être content ; elle accepte de te rencontrer, et pas plus tard que ce soir ! Elle veut en savoir plus sur toi, pour voir si tu cadres bien avec le reportage.

    L’artiste
    À quelle heure ? À quel endroit ?

    Le libertin
    Dans une demi-heure, au café du coin.

    L’artiste
    Dans une demi-heure ? Elle est vite sur la gachette !

    Le libertin (moqueur)
    Que veux-tu ? Il y en a qui ont moins de temps à perdre que d’autres…Alors, acceptes-tu son rendez-vous ?

    L’artiste (hésite un peu)
    Je crois que oui…je veux dire…Ça serait une première occasion pour moi de me faire entendre, d’éveiller les consciences…

    Le libertin
    Alors, je lui confirme tout de suite ta présence. Voilà, c’est fait. Bravo ! À toi de jouer maintenant ! Allez, va te préparer ! Et fais-moi surtout pas honte !

    L’artiste
    Bon d’accord. (Vient pour quitter la pièce. Il s’arrête) Crois-tu vraiment que c’est une bonne idée pour moi ?

    Le libertin
    Évidemment ! Mieux vaut maintenant que plus tard ; c’est ce que j’ai appris du 21e siècle. Allez, grouille-toi !

    L’artiste
    Alors, adieu !
    (L’artiste quitte la scène. Le libertin demeure dans la pièce)

    Le libertin (en riant)
    Quel personnage celui-là ! J’ai déjà hâte de voir sa réaction quand il verra son mépris du monde virtuel diffusé à la télévision, sur Internet et sur tous les réseaux sociaux qui existent ! Un joli paradoxe ! (Il s’approche du secrétaire et contemple les feuilles éparpillées) Il exagère quand même un peu avec ses théories ! L’être humain n’est pas si pathétique que ça ! (On entend son Iphone sonner. Il regarde) Oh ! Un message de mon petit ange ! Déjà ? (Il lit le message de manière mécanique) « Pourquoi tu ne me réponds pas ? Excuse-moi, j’aurais pas dû te traiter de salopard. Viens tout de suite chez moi, je vais me faire pardonner LOL » Ahaha quel revirement ! Notre ami l’artiste est un bon psychologue, mais il a tort sur un point : le 21e siècle ne nous a pas rendus esclaves du monde virtuel ; au contraire, il nous rend encore plus accroc à la réalité !! Au travail !

    (Il quitte la scène en courant).

    Fin


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